Ne tournons pas autour du pot : les conditions du marché ne sont pas les plus favorables de nos jours. Les consommateurs se montrent très prudents, des clients reportent des projets et les marges sont sous pression. Les opportunités abondent cependant dans cette réalité qui semble à première vue plutôt sombre. Une diminution des volumes ne signifie nullement une diminution des opportunités. Au contraire même, le spécialiste qui fait preuve de professionnalisme dans son travail et privilégie le conseil et l’accompagnement sortira plus fort de cette phase compliquée.
Cette réflexion peut paraître contradictoire. Comment une baisse de volume peut-elle s’avérer positive ? La réponse est simple, même si elle demande du temps et de l’énergie. La confiance est la nouvelle valeur qui importe. Les consommateurs aspirent à bien plus qu’une « simple » cuisine de rêve. Ils veulent des conseils, un accompagnement, une communication claire, un planning qui tient la route et des offres transparentes. La barre est haute. Le cuisiniste qui excelle dans l’art d’alléger le fardeau du consommateur construit des relations durables, même en période troublée.
Dans le même temps, la réalité du marché nous contraint tous à poser des choix stratégiques clairs. Continuer à se professionnaliser est absolument indispensable. Nous devons opter pour la standardisation quand c’est possible et pour le travail sur mesure quand c’est vraiment capital. Cette logique explique pourquoi nous insistons sur l’importance d’une bonne collaboration dans l’ensemble de la chaîne. Producteurs, vendeurs et installateurs doivent impérativement jouer la carte de la transparence, passer des accords clairs et appliquer des délais de livraison réalistes. C’est la seule manière de réussir à réduire les coûts d’échec, voire les supprimer. Car soyons honnêtes, les frais nécessaires pour résoudre les éventuels problèmes représentent le tueur de bénéfices (silencieux) par excellence.
Cette collaboration peut aussi nous aider à solutionner un autre problème ardu. Les vrais professionnels se font de plus en plus rares. Plutôt que de laisser les meilleurs se tirer dans les pattes, nous devons veiller ensemble à attirer un plus grand nombre de jeunes talents. Et les conserver, ce qui n’est pas non plus une mince affaire. Ceux qui se lancent aujourd’hui veulent en effet être stimulés et le rester. Misons ensemble sur une formation digne de ce nom et un coaching permanent. L’IA peut contribuer à alléger cette tâche. Les programmes plus intuitifs donnent aux débutants l’opportunité de se former plus rapidement et permettent au personnel expérimenté de travailler encore plus efficacement. C’est par exemple le cas des mesurages et calculs automatiques, de la planification intelligente, de la détection des erreurs et des visualisations plus claires. Nous assoyons ainsi la crédibilité du vrai professionnel tout en remédiant à la pénurie de main-d’œuvre.
Nous apercevons toutefois une lumière qui point à l’horizon. Car après la pluie, vient toujours le beau temps. Le marché va se stabiliser, les premiers signes se manifestent déjà prudemment. Cet espoir ne doit néanmoins pas freiner la volonté de professionnalisation. Il faut continuer sur notre lancée et franchir ces étapes stratégiques. Investir dans des structures claires et embrasser la durabilité et la qualité. Pas juste au niveau du boniment marketing, mais dans le cadre d’un choix logique. La durée de vie d’un appareil, sa réparabilité et les matériaux utilisés sont autant de facteurs décisifs, pour le consommateur, mais aussi pour la planète.
Le réalisme et l’ambition vont parfaitement de pair. L’un ne relègue pas l’autre au second plan. Le consommateur met la barre haut ? Faisons en sorte que notre secteur la dépasse largement.
Ronny Thyssen
Directeur général de DER KREIS Belux
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